En vérifiant sur le blog pour répondre à Emma, je réalise que je n'ai expliqué que l'étude de la fonction grammaticale avec le matériel Montessori (voir ici).

Voici donc aujourd'hui, comment on utilise les symboles Montessori pour la nature des mots.

Tout d'abord, on apprend à l'enfant que chaque objet, (puis plus tard que chaque sentiment, émotion) à un nom, un mot qui nous permet de le nommer.

Lorsque l'enfant a régulièrement posé des étiquettes sur les objets qui l'entourent, il sait ce qu'est un nom. On lui présente alors un symbole que nous allons utiliser lors de nos séances de grammaire.

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Pour le nom, Maria Montessori a choisi la couleur noire, comme celle du charbon, qui existe depuis si longtemps, et une forme géométrique qui marque l'esprit de l'enfant par sa stabilité, et son ancienneté : la pyramide.

Elle garde ensuite cette forme pour tous les symboles reprenant les mots associés au nom : articles, adjectifs, pronoms.

De son temps, l'article était de couleur noisette, et l'adjectif marron.

Aujourd'hui, le bleu remplace ces deux couleurs. Selon certains formateurs, le bleu ciel sera utilisé pour représenter les adjectifs, et le bleu foncé pour les articles.

Personnellement, j'ai choisi de garder la progression de Maria, en utilisant la couleur la plus claire pour les articles, et la plus foncée pour les adjectifs.

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Article, adjectif et nom forment "la famille du nom", qui peut être remplacée par un pronom, lui aussi symbolisé par une pyramide. Chez moi, cette pyramide n'a que 3 côtés (et bien sûr une base)  pour bien rappeler à l'enfant qu'elle remplace trois sortes de mots. Actuellement, il est admis que la couleur violette correspond au pronom (Maria avait choisi le vert).

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Ensuite, on pose une balle rouge sur un plateau, et on demande à l'enfant de nous apporter le tout. Pendant qu'il se déplace, la balle roule, tourne, s'arrête. Nous commentons :"rouler, tourner, s'arrêter..." sont des verbes. Le verbe est le mot qui décrit une action. On le représente donc par une balle, et rouge est une couleur chaude symbolisant l'énergie, comme lorsqu'on court beaucoup et qu'on est tout rouge. Alors le verbe est représenté par une balle rouge.

Ensuite on demande à l'enfant de marcher. Il peut nous dire que "marcher" est un verbe.

Puis on lui demande de marcher vite, puis de marcher lentement. On peut l'aider à constater qu'il a  toujours exécuté le même verbe "marcher" mais qu'il n'a pourtant pas fait exactement la même chose. Ce qui a modifié sa façon de marcher, c'est le mot que nous avons ajouté, qui modifie le verbe : l'adverbe.

Comme il modifie le verbe, il est représenté lui aussi par une balle, plus petite, et que nous choisissons orange, une couleur proche du rouge. Plus tard nous lui montrerons que l'adverbe peut aussi modifier d'autres mots (adjectifs...).

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Ensuite, nous lui donnons des étiquettes sur lesquelles nous avons noté des phrases du style "pose le stylo sur la table"," pose le stylo sous la table"..... et nous lui faisons remarquer que le mot qui a permis de savoir où poser le stylo par rapport à la table, s'appelle une préposition. On entend "position" dans "préposition". Donc, le symbole doit pouvoir changer de position, comme la lune dans le ciel. La préposition est représentée par une lune, verte (je ne sais pas pourquoi on a choisi cette couleur, Maria avait choisi violet).

Il reste encore deux natures de mots à présenter : la conjonction et l'interjection (cette dernière n'est plus étudiée en classe).

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La conjonction est un mot qui sert à relier deux parties de phrases (deux groupes nominaux, deux propositions...). Lorsque nous écrivons, nous utilisons un tiret pour relier les deux parties d'un mot en bout de ligne, alors c'est aussi un tiret (un rectangle) qui représente la conjonction, un tiret rose.

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Et pour finir, voici l'interjection ! Ce sont ces petits mots qui ne signifient pas grand chose, mais qu'on utilise souvent (mince! zut ! oh ! ....). Comme ils sont souvent suivis d'un point d'exclamation, on les représente par un triangle fin, planté dans une petite boule. Ce symbole jaune, ressemble ainsi à un point d'exclamation.

Et voilà ! Bien sûr, tout cela est présenté en plusieurs séances. On travaille bien chaque notion avant d'en présenter une autre.

Au début l'enfant pose les symboles en 3 D (ou en 2D) au-dessus des mots, puis il les dessine (il existe des règles-pochoirs  spécifiques en Allemagne).

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Personnellement, j'ai fait mes symboles en 3D avec de la pâte Fimo (pour qu'Augustin ait le plaisir de les manipuler). J'ai aussi fabriqué des symboles très épais avec du carton et des couvercles,

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d'autres avec des plaques aimantées, et d'autres encore en gommettes autocollantes.

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Tout cela permet d'utiliser différents supports. Augustin arrive maintenant  à les dessiner.

Lorsqu'il était en CM1, j'avais fabriqué et offert une boîte pour chacun des élèves de la classe, contenant un exemplaire de chaque symbole en pâte Fimo, avec un petit mode d'emploi. Cela a permis à l'enseignante d'utiliser la même façon de coder la nature des mots (même si elle n'a jamais autorisé les enfants à manipuler avec les formes en 3D en classe).